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Demain c’est l’examen du projet de loi sur l’audiovisuel à l’Assemblée Nationale. Ni plus ni moins que la mort programmée du service public.
Le Syndicat des Producteurs Indépendants explique assez bien la situation ici.
Depuis le 8 janvier, France télévision est en crise. Une crise majeure qui touche de nombreux secteurs dont celui du scénario. Concrètement, France 2 et France 3 rechignent à investir dans de nouveaux projets puisqu’elles ignorent complètement comment elles pourront les financer. Pire, elles arrêtent aussi la production de films ou de séries en développement.
Qui dit pénurie d’achat, dit chômage technique pour beaucoup de scénaristes, arrêt de projets à divers stades, dépressions, voire suicides. (ah ah, vous faites moins les marioles hein, messieurs les députés !!”)
Sarkozy est en train de tuer le service public alors…
Manif le 25 novembre ! Rdv à 12h près de la Tour Eiffel, av. Gustave Eiffel 75007 Paris
métro : Bir Hakeim (ligne 6)
rer : Champ de Mars (ligne C)
Faites passer l’info pour les parisiens et les autres c’est important de…

PUTAIN PLUME, ton post il est pas drôle !!!!!!
Ah fuck fuck, pas drôle. Ben je suis pas Stéphane Guillon moi, c’est pas fastoche de faire marrer avec des trucs pas marrants, genre petits leucémiques et grabataires.
Bon alors pour résumer, c’est la merde : on risque de perdre notre patrimoine national :
Non, “on s’en fout pas” madame ! Je suis désolée !
D’abord parce que la moustache c’est hyper sexy, et pis parce que tuer FT, c’est aussi tuer ça :
et ça :
et ça :
et ça :
ou encore ça :
et aussi ça :
Et nous interdire d’arriver un jour à créer des choses aussi chouettes que ça :
Alors, on peut nous foutre au chômage, exterminer la fiction française publique et condamner à vie le téléspectateur à ne voir QUE ça :
Ouais, c’est possible…
Mais bon… ça vaut peut-être le coup de prendre son bonnet péruvien et d’aller se geler les fesses sous la tour Eiffel…
1- Le départ rappelle un peu les colos de notre enfance, avec quasi toute la profession dans un unique TGV (prévoir une heure de queue pour un café au bar du TGV, et prendre sa belle valise à roulette, et pas son vieux sac de sport pourrave, ça catalogue illico dans le clan « looser »).
2- On peut y voir plein d’acteurs dire n’importe quoi, surtout sur scène. Genre Sophie Marceau dans son époque faste. Et on comprend pourquoi, ils ont vraiment besoin d’auteurs, c’est bon pour l’ego.
3- C’est l’occase de dire du mal de tous les gens qu’on n’aime pas, surtout avec les gens qu’on aime bien.
4- C’est l’occase de ranger les mômes au congélo et de s’offrir un vrai week-end sans couches, sans biberons, sans vomi sur l’épaule, sans « maman, j’ai fait pipi dans ma culotte ». Rien que ça, c’est énooorme.
5- On peut s’y faire masser gratuitement par les jolies élèves de l’école d’esthétique, même si personnellement je regrette qu’il n’y ait pas de jolis masseurs.
6- Dans l’Antre Infernale, au sous-sol du casino : boîte de nuit, espace VIP pour les professionnels du festival, et open bar à volonté… (c’est LE truc du festival ça à mon avis, trop fortiches les organisateurs)
7- C’est donc l’occase d’attraper un diffuseur dans un coin de la dite boîte de nuit, de lui offrir un verre ou deux (gratos), et de lui pitcher en direct le super-projet-de-la-mort qu’on rêve de vendre depuis des mois.
8-Si ça marche pas, pas grave. Enfiler ses talons hauts, son top affriolant (sans vomi) et se déhancher lascivement sur le dance floor pour le faire changer d’avis.
9- Si ça marche toujours pas, reservir un verre au diffuseur, le traîner sur le dance floor, et prendre des photos compromettantes, pour exercer sur lui un odieux chantage lorsqu’il aura dessaoulé. (gniarf gniarf !)
10- Si ça marche toujours pas, on peut se consoler en signant des autographes aux autochtones fascinés (l’année dernière, je signais « Audrey Tautou », ça marchait du feu de Dieu)
*Aix les Bains. Son lac, son casino et son festival, « Scénaristes en Séries », du 17 au 19 octobre. Viendez tous !!!
Il faut que je vous avoue un truc. Je censure ce blog. Mea culpa, mea maxima culpa, oui je censure impitoyablement vos commentaires.
Je sais c’est dur à entendre et j’imagine déjà vos exclamations outrées « quoi ? Plume nous censure ? » « C’est honteux ! » « Halte à la dictature blogesque » « let me write free ! » etc…
Pour comprendre ma position, voici quelques commentaires auxquels vous avez échappé, et qui m’obligent aujourd’hui à édicter certaines règles :
« Chère Plume (ici mon vrai nom), je suis tombé par hasard sur ton blog qui m’a fait mourir de rire. Tu es toujours aussi spirituelle ! D’ailleurs, j’en suis venu à me demander pourquoi nous avions rompu il y a 5 ans. Non vraiment, quel dommage. Serais-tu libre pour un café ? Je t’embrasse tendrement avec tout l’empressement dont tu me sais capable. Greg ton ex dévoué »
Règle n°1 : Dans ce blog ici bas, jamais par mon nom tu ne m’appelleras.
Je suis une sournoise, une planquée, une wondermaman bien au chaud sous son masque et suffisamment de gens connaissent ma véritable identité sans qu’on aide les autres à la connaître. Non mais.
Par ailleurs, si vous savez qui je suis :
Règle numéro 2 : Ni mes mensurations, ni de détails intimes, sur moi, tu ne révèleras.
Parce que y a que moi qui ai le droit de vous communiquer ces infos ridicules du genre « je dors avec un nounours qui chante « over the rainbow » ». Du reste, mes mensurations sont ridicules.
Autre genre de commentaires » :
« Salut Plume, ton blog est vraiment très drôle. J’ai bien rigolé en reconnaissant cet abruti de truc (producteur) dans un de tes derniers posts. Lui en revanche a moins rigolé, je crois. Il en a même touché deux mots à machin (diffuseur). J’espère que ça ne nuira pas trop à ta carrière. Bien à toi, un ami qui te veut du bien. »
Règle n°3 : Les menaces directes, tu éviteras.
Je me fais suffisamment peur moi-même, je suis scénariste, n’oubliez pas.
Ou encore :
« Plume, laisse-moi te dire que l’éducation que tu donnes à ton enfant est juste catastrophique !!!! Quel genre de mère es-tu pour l’autoriser à faire ses besoins n’importe où ?!! (cf « glamour or not glamour »). Connais-tu ce qu’on nomme « les règles de vie sociales ?» J’en doute. Va voir un psy, espèce de malade mentale ou ton gosse finira mal, je te le prédis… »
Règle n°4 : Le premier degré de tout commentaire, tu banniras.
Je me fais pas suer sang et eau pour trouver un style et pour qu’un salaupiaud me bousille tout dans un stupide commentaire ! Triturez-vous un peu les méninges pour laisser votre sentiment au moins au 2ème ou au 3ème degré, bordel.
En outre, ce genre de premier degré moralisateur a le don (étrange) d’élever dangereusement ma tension, mon rythme cardiaque, et de me donner l’irrépressible envie de trucider tout ce qui bouge. Mon psy et mon cardiologue m’ont formellement interdit ce genre de crise aiguë, c’est donc dans un souci de santé personnelle, pour moi et ma pauvre famille, que je censure ces conseils avisés.
Dès lors qu’une de ces quatre règles sera enfreinte… Schlaaaak ! Couiiiik ! Vos propos passeront de vie à trépas dans l’infini du vide interwebesque, sans larme ni remord.
Poukoi ? (comme dirait Mogwaï)
Because, c’est moi le chef, c’est mon blog, et que j’en suis le dictateur (tateuse, ça le fait moyen) unique, na.
Ceux qui sont pas contents peuvent aller se faire cuir un œuf ou créer leur propre blog. Non mais.
Pour les autres… euh, déconnez pas les gars (et les girls), hein ? Continuez d’écrire, vous êtes formidables ! I love you guys !
And don’t forget, I write for you to have fun, not for glory.
Votre dévouée, Plume
Et voilà, les vacances sont officiellement terminées. Aujourd’hui, des millions de jeunes élèves vont retourner en classe. Mogwaï, déjà grand mais encore trop petit, y échappe cette année (et je prends déjà un sacré coup de vieux à l’idée de lui acheter un cartable dans à peine un an !)
Nous mêmes, humbles scénaristes, allons gaiement retrouver le chemin de l’école. Enfin… de la cour d’école. Ben oui, qu’est-ce que le monde des scénaristes, si ce n’est une belle et grande cour de récré ?
On y retrouve nos copains scénaristes, nos ennemis jurés, nos amoureu(ses) potentiel(les), nos instits aimés ou détestés (les producteurs, les diffuseurs). On va encore bien s’amuser cette année !
Jeu numéro 1 dans la cour de récré : faire flipper les petits nouveaux
- Ah t’as ce gros con d’Hervé comme prod cette année ? T’as trop pas de bol ! L’année dernière, Sophie l’avait, ça a été l’horreur ! C’est un vrai sadique !
Jeu numéro 2 : dire du mal de ses ennemis
-T’as vu la série de cet enfoiré de Jean-Pierre ? Non ? Ben t’es pas le seul ! 8% de PDM, ça c’est la classe !
Jeu numéro 3 : se prendre pour un agent secret
- Bon, je te le dis mais c’est top secret !! Cette chaîne a un accord en sous-main pour développer une série polar feuilletonnante en aveugle, avec trois producteurs seulement. Bon, je te donne leur nom, mais c’est ultra-confidentiel, tu le répètes à personne, hein ?
Jeu numéro 4 (avec un ennemi) : lui faire gober n’importe quoi
- Si, si je te jure ! TF1 va se mettre aux 26 minutes, c’est confirmé. Il paraît aussi que Dédé a-do-re le gratin d’aubergines. Ben, ça peut servir de le savoir.
Jeu numéro 5 (avec tout le monde, bientôt discipline olympique du scénariste) : épater la galerie
- Je suis un peu débordée en ce moment. J’ai une demi-douzaine de projets en cours. Ouais, c’est pas mal… Une série de commande pour France 3 (j’ai juste 10 concurrents), un unitaire quasi vendu (tu parles), un projet perso hyper novateur (tellement novateur que même le fond d’innovation en voudrait pas), et deux séries (un format court payé que dalle, et un truc qui me fait royalement suer).
Dans notre cour de récré, on ragote sur les fayots.
- Tu sais que Cécile a invité Dédé à dîner chez elle, trois semaines après qu’il soit arrivé à TF1 ? C’est bizarre, son projet vient d’être acheté…
Dans notre cour de récré, on a des amis à la vie à la mort.
- Ah tu bosses avec David ? Ah bon, tu trouves que son boulot n’est pas terrible ? (merde, David c’est un pote). Heu mais tu sais, il a eu des problèmes personnels ces derniers temps… Ouais ouais, je peux pas trop t’en parler là, mais bon c’était chaud pour lui.
Dans notre cour de récré, on se remonte le moral, parce que l’amitié, c’est sacré.
- Ah les vaches, ils ont arrêté ta série ! Tu sais, c’était vraiment bien ce que vous aviez fait.
Dans notre cour de récré, on a aussi une tête de turc.
- Ah ah, Henri, c’est le genre de type qui pense que Final Draft, c’est un film d’action avec Bruce Willis !
Dans notre cour de récré, on se fait les yeux doux.
- J’aime beaucoup ton univers. J’adorerais qu’on écrive ensemble un jour…
Dans notre cour de récré, on se chamaille.
-Pourquoi le prod, il t’appelle toi, et pas moi ? On l’écrit à deux ce scénario, non ?
Dans notre cour de récré, on se bagarre.
-Quoi tu veux 30% des droits de diff ? Et pourquoi pas cent balles et un mars ?
Dans notre cour de récré, on apprend aussi les dures réalités de la vie et la trahison.
- Quoi ? Tu développes une série sur la mafia albanaise avec ce producteur ? C’est pas vrai ?! Figure-toi que je développe une série sur la mafia croate avec lui ! Ah l’enfoiré !
Dans notre cour de récré, on se lance des marrons et « c’est celui qui dit qui y est ».
Et quand la sonnerie retentit, on retourne sagement à nos ordinateurs réinventer le monde avec nos yeux d’enfants.
Me voilà avec une belle patate chaude, celle que Maman Tétard, alias Tétarologue, m’a gentiment filée. La patate consiste à raconter six trucs sans importance sur moi, donc je me lance :
1- J’habite à la cambrousse. Vouais, à l’heure où toutes les boîtes de prod sont concentrées dans Paris et sa petite ceinture abdominale, j’habite à 80 bornes. Alors j’avoue, je suis accroc au vert. Je plante mes tomates, mes courgettes, mes fleurs, et quand j’ai les nerfs ou une grosse crise d’angoisse, j’attrape ma tondeuse et je Marie-Antoinettise mon gazon comme une malade.
2- J’aurais voulu être une chanteeeeuuuuussse !!! J’ai pris 5 ans de cours de chant, j’ai écrit des chansons, mais ben voilà j’ai fait une croix là-dessus. Plus le temps. Je continue à hurler sous ma douche, dans ma caisse, et je me transforme en furie devant la Nouvelle Star… si c pas malheureux ! (c’est malheureux de cautionner cette émission qui rentre dans les « quotas de création audiovisuelle » et qui coûte trois fois moins cher qu’un téléfilm à produire… je scie la branche sur laquelle je suis assise !)
3- J’ai fait du foot en club quand j’étais petite. J’ai mis deux buts dans ma carrière, dont un contre mon camp.
4- J’aurai rêvé d’écrire « Weeds ». J’aime la Comédie avec un grand C, l’humour noir, les trucs politiquement incorrects.
5- J’ai l’air bien élevée comme ça, mais je dis « putain » toutes les deux phrases.
6- Je suis fascinée par les serial killer mais incapable d’assassiner ne serait-ce qu’une mouche, même pas une petite fourmi. Une fois j’ai fait 5 bornes en voiture pour aller porter un oiseau agonisant à un type d’une asso pour qu’il essaie de faire quelque chose pour lui (bon d’accord, j’étais enceinte, les hormones…)
PS : j’adorerais envoyer cette patate à 6 personnes, mais je connais pas personnellement 6 personnes qui ont un blog… Ah la grosse nase ! Je l’envoie juste à mon Philou alors, qui, comme ça, aura enfin l’adresse de mon blog…à Cédric, scénariste blogeur lui-aussi, et à Anne et Krichou, because I love them !
Il y a quelques semaines, je me lamentais lamentablement sur la torture journalière infligée par Mogwaï, qui consistait à devoir lui lire la totalité des écrits qui lui tombaient sous la main, y compris l’intégrale du Télérama de la semaine et l’annuaire téléphonique (cf On lit ! On lit ! On lit !) Et bien aujourd’hui, je peux vous assurer que je suis au bord du suicide, au fond du gouffre sans fond de la créativité littéraire, prête à enterrer tous mes stylos, toutes mes idées, et même mon imac chéri au fond de mon jardin (en espérant que ça fasse pousser mes tomates) en échange de cinq minutes de non-création littéraire…
Ben oui, j’aurais dû m’y attendre. Mogwaï ne veut plus qu’on lui lise des livres, il exige désormais qu’on invente des histoires, spécialement pour lui…
« Maman va l’inventer », déclare-t-il de sa petite voix innocente. Et de suggérer : “Trotro et le chat”, “Samsam et le dentifrice”, et autres superhéros en proie à de cruels dilemmes métaphysiques. Bon, j’arrive bien à ouvrir un peu son horizon en lui proposant des « Trotro et le contrôleur fiscal », « Samsam et les méchants monstres de TF1 », histoire de recycler un tout petit peu ma vraie vie si futile, mais il n’empêche : au bout de 10 heures de taf, mes neurones sont parfois complètement grillés. Mogwaï ne m’en tient pourtant pas rigueur puisqu’il déclare 9 fois sur 10 que “c’était très belle histoire”, même quand la sorcière Ophélia a mis moins d’une minute à retrouver Negrito, son petit chat, parti boire des Tequilas avec Marcel la taupe.
Me voilà donc au boulot 24h sur 24 à bâtir des intrigues, structurer des séquences, trouver des cliffs de la mort qui tuent, des rebondissements, des obstacles, des antagonistes, des formules magiques (super dur ça !), des deus ex machina et des lapins sortis du chapeau. Tout ça pour quoi ? Pas un rond bien sûr, mais pour l’éternelle reconnaissance, l’immuable amour filial que je lis, tous les soirs dès 18 heures jusqu’à ce que j’éteigne la lumière, dans les yeux de Mogwaï…
Bon d’accord, j’arrête de me plaindre…









